La PLV en pharmacie ne joue pas avec les mêmes règles que la PLV de grande consommation. Le canal est réglementé, l'espace est rare et le décideur final, le pharmacien, évalue la pièce non seulement à l'aune de son impact commercial mais aussi de son adéquation avec l'activité quotidienne et l'image professionnelle de l'officine. Dans le cas particulier de la PLV OTC (over-the-counter, médicaments et produits d'automédication sans ordonnance), à ces exigences s'ajoute un cadre réglementaire spécifique sur la manière de promouvoir ce type de produit auprès du consommateur.

Ce guide résume le cadre réglementaire applicable en Espagne et les bonnes pratiques de conception que nous mettons en œuvre chez Euromon PLV lorsqu'un client nous demande un présentoir pour un produit OTC dans le canal pharmacie.

Qu'est-ce que la PLV OTC et pourquoi est-elle traitée à part

Par PLV OTC nous entendons toute pièce de point de vente destinée à promouvoir un produit sans ordonnance en pharmacie : médicaments autorisés à la publicité grand public, produits d'automédication, cosmétiques de pharmacie à indication fonctionnelle, compléments alimentaires ou dispositifs médicaux en vente libre. Bien qu'ils partagent le même canal, cette catégorie réunit des produits relevant de régimes réglementaires différents : un médicament sans ordonnance n'est pas un complément alimentaire ni un dispositif médical, et cela conditionne ce que le présentoir peut dire.

Cette hétérogénéité fait de la PLV OTC un terrain particulièrement délicat : une pièce qui fonctionne pour un complément alimentaire peut contenir des messages inadmissibles dès lors qu'elle est appliquée à un médicament publicitaire. Concevoir une bonne PLV OTC suppose de connaître la sous-catégorie réglementaire du produit avant de définir le message.

Cadre réglementaire de base en Espagne

La PLV OTC s'inscrit dans trois grands blocs réglementaires. Nous ne prétendons pas remplacer le conseil juridique propre à chaque marque, mais bien expliciter les lignes rouges que tout projet doit respecter.

Publicité des médicaments sans ordonnance

Les médicaments non soumis à prescription médicale autorisés à la publicité grand public (les anciennes "EFP", spécialités pharmaceutiques publicitaires) sont régis par le Décret royal 1416/1994 sur la publicité des médicaments à usage humain et par le texte consolidé de la Loi sur les garanties et l'usage rationnel des médicaments et des dispositifs médicaux, approuvé par le Décret royal législatif 1/2015 du 24 juillet. La publicité grand public des médicaments sur ordonnance est interdite ; seuls les médicaments autorisés comme publicitaires peuvent être communiqués directement au consommateur.

En pratique, une PLV OTC pour un médicament publicitaire doit au minimum comporter la dénomination du médicament, les informations nécessaires à un usage rationnel et l'invitation explicite à lire la notice ou à consulter le pharmacien. Elle ne peut pas attribuer au médicament des propriétés non autorisées, suggérer que son usage ne nécessite pas de conseil sanitaire lorsque celui-ci est requis, ni s'adresser spécifiquement à des mineurs.

Dispositifs médicaux

Pour les dispositifs médicaux en vente libre (tests de grossesse, thermomètres, produits de pansement, dispositifs divers), c'est le Règlement (UE) 2017/745 et le droit espagnol de transposition qui s'appliquent. La PLV doit être cohérente avec la finalité déclarée du dispositif et avec les informations associées au marquage CE ; elle ne peut pas attribuer au dispositif des propriétés thérapeutiques excédant sa classification.

Compléments alimentaires et allégations de santé

Les compléments alimentaires relèvent du Règlement (CE) 1924/2006 sur les allégations nutritionnelles et de santé. C'est très pertinent pour la PLV : seules les allégations autorisées dans le registre européen peuvent figurer sur le présentoir. Des messages génériques du type « renforce les défenses » ou « soutient le système immunitaire » doivent être adossés à une allégation approuvée pour l'ingrédient concerné dans le produit.

Cosmétiques de pharmacie

Les cosmétiques sont régis par le Règlement (CE) 1223/2009. Là encore, la PLV doit rester fidèle à la fonction cosmétique déclarée et ne pas attribuer d'effets thérapeutiques : une crème hydratante ne traite pas une pathologie et le présentoir ne peut pas le suggérer.

Bonnes pratiques de conception pour la PLV OTC

Au-delà de la conformité réglementaire, un second filtre s'applique : que le présentoir entre en pharmacie et qu'il fonctionne. Voici les pratiques qui donnent les meilleurs résultats d'après notre expérience sur le canal.

Le pharmacien est le premier public

Même si le consommateur final est l'acheteur, c'est le pharmacien qui décide si la pièce est montée. La PLV OTC doit respecter l'activité de l'officine : ne pas gêner le comptoir, ne pas bloquer la communication avec le patient, ne pas entrer en conflit avec la PLV propre de la pharmacie. Une pièce perçue comme intrusive ou trop promotionnelle finit en réserve en quelques jours, aussi soigné soit son graphisme.

Un message sobre et centré sur l'indication

Dans le canal pharmacie, le ton informatif fonctionne mieux que le ton grande consommation. Un message clair sur l'indication, le mode d'emploi ou le public cible du produit, sans langage exagéré, s'accorde mieux avec l'image professionnelle de l'officine et réduit le risque réglementaire. Règle pratique : si un message paraîtrait déplacé dans un échange entre pharmacien et patient, il n'a sans doute rien à faire sur le présentoir.

Un format proportionné à l'espace réel

L'officine dispose de peu d'espace pour la PLV. Les formats qui marchent le mieux sont les présentoirs de comptoir compacts, les têtes de gondole étroites et les présentoirs de sol à faible emprise. Pour les dimensions concrètes, nous avons publié un guide dédié sur les dimensions types d'un présentoir de comptoir pour pharmacie et un autre sur les présentoirs pour espaces réduits.

Un matériau cohérent avec le positionnement

Le carton est le choix standard pour les campagnes OTC et promotionnelles : production rapide, coût maîtrisé et capacité à produire de gros volumes pour des déploiements sur de nombreuses pharmacies. Le bois ou le Woodprint conviennent aux positionnements premium ou aux marques qui visent une présence durable sur le comptoir, en particulier en dermo-pharmacie. La transition progressive vers des matériaux durables dans le canal répond à la fois à la recherche de qualité perçue et aux critères de durabilité, de plus en plus présents dans la pharmacie.

Réassort et durée de vie

Un présentoir OTC est aussi évalué à la facilité de son réassort. Une pièce dont les tablettes sont accessibles, sans démontage, avec une bonne frontalité du produit réduit la friction pour le pharmacien et prolonge la durée d'exploitation. Pour les campagnes saisonnières (grippe, allergies, dermatites estivales), il vaut mieux concevoir en pensant à une rotation rapide et à un montage sans outils.

Erreurs fréquentes en PLV OTC

  • Transposer le message TV au présentoir. Ce qui passe dans un spot ne passe pas toujours en PLV : des allégations plus larges, un ton plus énergique ou des références indirectes deviennent problématiques sur une pièce statique qu'un inspecteur peut examiner en détail.
  • Oublier l'invitation à consulter le pharmacien. Sur les médicaments publicitaires, c'est une obligation ; cela renforce aussi l'image du canal et abaisse la résistance du pharmacien à accepter la pièce.
  • Concevoir comme en grande consommation. Couleurs saturées, messages hyperboliques et formats surdimensionnés se heurtent au code visuel de la pharmacie et réduisent l'acceptation.
  • Ne pas prévoir de variantes par format d'officine. Une pharmacie de quartier et une pharmacie hospitalière n'acceptent pas les mêmes formats. Pour de grands déploiements, il faut prévoir au moins deux versions de la PLV.

Comment nous menons un projet de PLV OTC chez Euromon PLV

Nous partons toujours du produit, de sa classification réglementaire (médicament publicitaire, complément alimentaire, dispositif médical, cosmétique) et de la cible. Avec la marque, nous passons en revue les allégations autorisées et les informations obligatoires, puis nous proposons format, matériau et message. Le prototype physique est particulièrement utile dans ce canal : il permet de valider à la fois le graphisme et l'intégration réelle sur le comptoir avant de lancer la série finale.

Pour comprendre les délais d'un projet, notre guide sur le délai de fabrication des présentoirs PLV personnalisés détaille les délais par matériau et volume.

Besoin de PLV OTC pour une campagne en pharmacie ?

Dites-nous quel produit vous voulez promouvoir, sa classification réglementaire et le type d'officine visé. Nous vous proposons format, matériau et message conformes à la réglementation et adaptés à la réalité du canal.

Contactez notre équipe

Questions fréquentes (FAQ)

Peut-on faire de la publicité en pharmacie pour n'importe quel médicament sans ordonnance ? Non. Seuls les médicaments autorisés comme publicitaires (les anciennes EFP) peuvent faire l'objet d'une publicité grand public. Les autres, même délivrés sans ordonnance, ne peuvent pas être promus directement auprès du consommateur.

Quelles informations obligatoires doit comporter une PLV pour un médicament publicitaire ? Au minimum la dénomination du médicament, les informations nécessaires à un usage rationnel et l'invitation explicite à lire la notice ou à consulter le pharmacien, conformément au Décret royal 1416/1994 et aux textes liés.

Puis-je inclure une allégation de santé sur une PLV pour un complément alimentaire ? Uniquement si l'allégation est autorisée dans le registre européen pour l'ingrédient et la dose présents dans le produit, conformément au Règlement (CE) 1924/2006. Les messages génériques non adossés à une allégation approuvée sont irrecevables.

Carton ou bois pour la PLV OTC ? Le carton est la norme pour les campagnes et les déploiements larges, pour des raisons de coût et de délai. Le bois et le Woodprint se réservent aux positionnements premium ou aux produits à durée de vie longue en pharmacie, surtout en dermo-pharmacie.

Qui est responsable de la conformité réglementaire du message de la PLV ? La responsabilité du contenu publicitaire revient au titulaire de l'autorisation de mise sur le marché du produit. En tant que fabricant de PLV, chez Euromon nous travaillons avec des éléments graphiques déjà validés par la marque et son équipe réglementaire.


Article rédigé par l'équipe marketing et production d'Euromon PLV. Ce contenu a une vocation informative et ne se substitue pas au conseil réglementaire propre à chaque marque. Pour un projet concret, contactez notre service commercial sur euromonplv.com.